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Compétences d’enseignant à l’épreuve des profils d’apprenant

Compétences d’enseignant à l’épreuve des profils d’apprenant. Vers une ingénierie de formation.
LIN-ZUCKER Miao, SUZUKI Elli, TAKAHASHI Nozomi & MARTINEZ Pierre (dir.), Paris, Editions des Archives Contemporaines, avril 2011.
ISSN : 9782813000224, 183 pages, 26 euros.

Cet ouvrage regroupant 13 contributions pose sous un éclairage actuel la question de la formation des enseignants face à la diversité des apprenants avec lesquels ils sont appelés à travailler. On est à l’interface de la réflexion sur le processus d’apprentissage et sur ce qui en découle pour les dispositifs d’ingénierie éducative, l’établissement de référentiels et le développement de compétences pédagogiques.

Vous pouvez télécharger ici la table des matières et une bonne sélection de pages gratuitement.

Quatrième de couverture

Le présent volume est né d’une Journée d’étude, organisée en 2009 par une équipe de recherche de l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, Paris, l’EA 4514 PLIDAM, et plus précisément par sa composante « Enseignants et apprenants : profils, parcours, et ingénierie de la formation ». Il pose sous un éclairage actuel la question de la formation des enseignants face à la diversité des apprenants avec lesquels ils sont appelés à travailler. On est donc ici à l’interface de la réflexion sur ce qu’est l’apprentissage et sur ce qui en découlera pour la mise en place de dispositifs d’ingénierie éducative, l’établissement de référentiels de formation d’enseignants et la mise en oeuvre de compétences pédagogiques. On verra que la définition de profils d’apprenants ne conduit pas nécessairement à celle de profilage, ce qui impliquerait généralisation et stabilité, comme on le dirait pour la production industrielle. Elle devrait permettre, toutefois, une objectivation des parcours dont s’enrichira la didactique, du côté des pratiques de classe (étayage, interaction orientée, tâches et activités) et de l’organisation de l’enseignement (progression, curriculum, « scénarios » d’apprentissage). Le travail de modélisation doit in fine viser à rendre cohérente une approche de l’enseignement trop souvent encore vécue comme renvoyant à des facteurs hétérogènes et aléatoires, mais surtout indifférenciés : n’y aurait-il donc qu’une seule bonne méthodologie ? Une didactique du plurilinguisme et du pluriculturalisme est l’horizon d’attente de ce volume où sont proposées des réflexions novatrices sur les langues et les environnements culturels, préalable indispensable à l’élaboration d’outils, manuels ou didacticiels. Le lecteur verra que la préférence a été donnée aux études appuyées sur des enquêtes de terrain, la diversité des exemples enrichissant la discussion souhaitée. Nous sommes convaincus que cette discussion saura trouver ses prolongements dans la classe.

L’éducation aux médias

Pour prolonger les pistes de réflexion déjà amorcées ici sur l’utilisation des médias en cours, nous vous conseillons la lecture de cet article consacré à l’éducation aux médias.

L’éducation aux médias : un kit à l’intention des enseignants, des élèves, des parents et des professionnels
Le kit est en grande partie le produit du projet MENTOR lancé par l’UNESCO avec le soutien de la Commission européenne qui a réuni des chercheurs et des enseignants spécialistes de l’éducation aux médias en provenance de tout le bassin méditerranéen. Qu’est-ce que doit être l’éducation aux médias ? Qui doit l’assurer ? Comment l’intégrer dans les programmes scolaires ? En dehors de l’école, est-ce que les familles ont leur mot à dire ? Faut-il que les professionnels y participent et de quelle manière ? Quelles stratégies doit adopter le public pour gérer les avantages et les limites des médias ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles les auteurs tentent de répondre.
Ce kit traite à la fois les moyens d’éduquer aux médias et de s’éduquer aux médias, tout au long de la vie. Il indique une double démarche possible pour l’utilisateur, tantôt en position d’apprenant, tantôt en position d’enseignant.

Le kit de formation propose une vision complète de l’éducation aux médias
– il promeut le partage des ressources, l’accès des jeunes aux médias tout en favorisant leur esprit critique et donne des indications sur les stratégies et les outils disponibles et capitalise sur les bonnes pratiques ;
– il propose un prototype de programme d’éducation aux médias pour la qualification de base des enseignants du secondaire, mais son approche modulaire et ses concepts-clé (productions, langages, représentations, publics) s’adressent également aux adultes hors système scolaire, aussi bien aux parents, aux professionnels des médias qu’aux décideurs ;
–  il comprend des manuels à l’intention des enseignants, des élèves et des parents, ainsi qu’un manuel des relations éthiques avec les professionnels et un manuel de maîtrise de l’Internet.

Quels que soient le point de vue et la manière dont on l’aborde, le kit prend en compte les besoins d’acquisition des compétences nécessaires pour décrypter les différents genres de messages et d’informations ainsi que les enjeux de citoyenneté au-delà de l’école et de la famille. Ce qui importe c’est d’établir des liens entre les différents acteurs impliqués dans le processus de socialisation des jeunes aux médias. Dans la perspective du développement, donner des bases solides et durables pour une éducation aux médias large et systématique est un point fondamental pour répondre aux besoins actuels de partage des connaissances et de diversité culturelle dans les nouvelles sociétés du savoir.

Une section “FAQ : Foire Aux Questions” et un “Glossaire raisonné de l’éducation aux médias”

Objectifs
– Donner des bases solides et durables pour une éducation aux médias large et systématique destinée aux enfants dès leur plus jeune âge, tant à l’école que dans les familles et dans les médias.
– Proposer des documents-cadres, sous la forme de manuels, pour aider ceux qui veulent développer l’éducation aux médias.
– Aider à la formation en proposant de généraliser des modules de formation initiale et de formation continue dans les cursus à l’attention des enseignants de tous les degrés mais aussi en dehors de l’école, par des initiatives pluridisciplinaires pour introduire des actions de sensibilisation des jeunes et des parents à l’éducation aux médias.
– Sensibiliser tous les acteurs, y compris les décideurs et les diffuseurs, au fait que l’éducation aux médias est un élément fondamental d’une pédagogie de la démocratie qui permettrait à l’école de retrouver sa mission de formation du citoyen sachant lire, écrire, compter, s’informer et communiquer ;
– Développer parmi les membres du public des compétences de communication et une conscience critique autonome, capable de discernement entre les intérêts authentiques et légitimes des médias et ceux des publics ;
– Construire une nouvelle citoyenneté démocratique, active, et participative, basée sur la responsabilité individuelle et collective ainsi que sur la solidarité et la coopération par la communication ;
– Soutenir le pluralisme, la diversité culturelle, et le partage des connaissances dans une perspective de développement solidaire.

UNESCO, 2006, 205 p.

Liens vers les sources: ESEN ; UNESCO

L’enseignement du français à l’étranger en 1966

Voici une source de réflexion utile quant à la posture de l’enseignant de FLE aujourd’hui en Corée: que ce soit en terme de technique de classe, d’identité professionelle, d’action linguistique, de géopolitique, etc. Il est toujours intéresssant de se situer par rapport à ses prédécesseurs et par rapport au système (dans sa définition la plus large) au sein duquel s’insert notre action…

Article et vidéo tels qu’ils apparaissent sur le site Le Café du FLE:

« Coup d’oeil dans le rétroviseur pour un entretien datant de 1966 avec Monsieur Jean Basdevant, Directeur Général des relations culturelles au Ministère des Affaires Etrangères  !

Voici ce document déniché sur le site de l’INA

Un entretien efficace et illustré !

Avant-propos admiratif : 1966 et tout est là ! Le journaliste Bernard Griveau passe des thèmes culturels au questionnement sur le bien-fondé économique des politiques mises en oeuvre ! Plans sur les livres, photos et illustrations géographiques permettent de prendre la mesure de l’expansion du français en quelques minutes. Du beau travail !

La langue française se déploie :

130 000 ! C’est le nombre de professeurs étrangers qui enseignent en français, le passage de relai est déjà en train de se mettre en place. C’est dire si la profession de formateur FLE avait déjà son importance en 1966.

Le fameux « soft power » ou ce que favorise une approche par la culture et la coopération :

Les constructions de lycées et les différentes formes de coopération sont de grands budgets. La « rentabilité »  de ces investissements inquiète Bernard Griveau. Jean Basdevant souligne que bien souvent les dépenses éducatives, culturelles et la coopération technique sont suivies d’exportations de produits industriels et les générations d’étudiants formé en français pourront étudier en France et faire appel aux techniques et industries de l’Hexagone. »

PS: toutes les vidéos disponibles sur le site Internet de l’Institut National de l’Audiovisuel sont téléchargeables avec Realplayer… 😉

Facebook et la classe de FLE

Facebook et la classe de FLE : confusion des genres ou expansion des compétences ?

Etre enseignant de Français Langue Etrangère en Corée du Sud en 2011 implique forcément de prendre en compte l’évolution des pratiques des apprenants, elles-mêmes en relation avec l’évolution des technologies de l’information et de la communication. Dans un contexte de management des départements universitaires selon des critères de plus en plus commerciaux, faire évoluer ses pratiques de classe peut même s’avérer vital si l’on souhaite maintenir l’attractivité des études de français à l’université face à la concurrence anglophone. Comme la Corée du Sud est l’un des pays les mieux reliés à l’Internet et que le Web Social est déjà très populaire chez les jeunes coréens depuis plusieurs années (Cyworld), j’encourage, depuis 2008, mes étudiants à utiliser Facebook pour développer leurs compétences en français.

Même si, en Corée, l’utilisation de Facebook souffre d’une indéniable concurrence face à Cyworld, il me paraît intéressant d’orienter les étudiants vers un réseau social à première vue plus « exotique » mais aussi plus ouvert. Contrairement à Cyworld, Facebook ne requiert pas l’enregistrement d’un numéro de sécurité sociale pour s’inscrire ; il n’est pas obligatoire d’y révéler sa véritable identité et son utilisation est entièrement gratuite. Ces prérequis me semblaient essentiels pour choisir le réseau social que j’utiliserais avec mes étudiants. De plus, Facebook représente également l’opportunité d’une ouverture sur le monde grâce à sa popularité dans le reste du monde et à son interface multilingue.

L’objet de cette petite réflexion est avant tout une volonté de partager une expérience de classe novatrice de pédagogie numérique. Le succès de Facebook a fait naître de nombreux mythes au sujet de sa nocivité pour les relations sociales mais Facebook n’est ni meilleur ni pire que ses utilisateurs. C’est juste un outil et un concept dont il serait dommage d’ignorer le potentiel en termes de techniques d’enseignement. Contrairement aux sites Internet classiques, Facebook n’est pas une source d’information s’adressant à un utilisateur passif. Son succès repose principalement sur ses fonctions de rassemblement et d’interaction sociale. Comme échanger et partager se trouvent également au cœur des processus de communication, il est tout à fait envisageable de profiter de Facebook dans l’enseignement d’une langue étrangère.

Afin de déterminer le rôle du tuteur et d’évaluer l’intérêt pédagogique du procédé pour les étudiants de la classe de français, il faudrait bien sûr que je procède à une description complète du procédé que j’ai mis en place. Malheureusement le temps me manque alors je vous propose de venir rejoindre le groupe de mes amis étudiants sur Facebook et vous pourrez observer le procédé de l’intérieur. Bien sûr, l’utilisation de Facebook dans la classe de FLE comporte des limites et peut présenter certains risques que nous pouvons essayer d’identifier.

D’après cette expérience, il me semble que le dispositif favorise effectivement la spontanéité et l’autonomisation des étudiants. Toutefois, le caractère informel des interactions n’encouragent pas vraiment la précision syntaxique. Le manque de formalité sur Facebook a aussi ses avantages : c’est par exemple l’occasion d’introduire quelques expressions et termes de langage moins soutenus (mais néanmoins très fréquents) que ceux que nous utilisons en classe. La priorité accordée au message se traduit donc par une désacralisation de la langue et du statut de l’enseignant. Ainsi, l’implémentation de Facebook dans le processus d’apprentissage d’une langue étrangère implique une redéfinition de la posture professionnelle de l’enseignant et du rôle de l’étudiant.

Certains y verront une confusion des genres entre la sphère privée et la sphère professionnelle, mais n’est-ce pas là justement la rançon du succès de ce dispositif ? Les raisons de recruter un enseignant étranger pour une université de Corée sont nombreuses. Entre autres, il s’agit d’apporter une dose d’immersion dans le cursus des étudiants en langue étrangère. En Corée, cette dimension se traduit souvent par de nombreuses sollicitations pour participer à des activités socialisantes en dehors de la classe. Si Facebook est utilisé en complément des activités de classe, alors ce procédé n’est ni plus ni moins intrusif que les pratiques sociales habituelles.

Quelle que soit l’époque à laquelle nous avons reçu notre formation d’enseignant, il est peu probable que l’utilisation de réseaux sociaux pour la classe fût au programme. Or, la génération d’étudiants à laquelle nous nous adressons a grandi avec l’ordinateur, Internet et les réseaux sociaux en ligne. Un étudiant coréen qui a 20 ans aujourd’hui utilise Cyworld et ses fonctions d’interaction sociale depuis 5 ans, soit un quart de sa vie. Est-il encore possible d’enseigner une langue vivante en ignorant les applications probables que nos étudiants en feront ? Malgré ses imperfections, Facebook est le plus répandu des réseaux sociaux à l’échelle de la planète. Même s’il est hors de question d’en faire le moyen unique et le but ultime de l’apprentissage en classe de langue étrangère, comment ne pas s’y intéresser ?

Placer l’étudiant au centre du processus d’apprentissage, c’est aussi réduire le clivage numérique qui sépare nos générations. Par conséquent, il nous appartient d’adapter notre enseignement aux outils de communication qui constituent le quotidien de nos apprenants et de s’appuyer sur les compétences communicationnelles qui les caractérisent.

Vincent Prévost

www.facebook.com/prof.vince


Envie de faire un Blog avec vos étudiants coréens ?

Alors, suivez les conseils avisés de Rodolphe et Marcela Meidinger, enseignants de FLE en Corée depuis plusieurs années.

Problèmes de prononciation du français par des locuteurs coréens

Dans cet article, Christian Houlez décrit l’alphabet coréen afin de déterminer les difficultés d’apprentissage de la prononciation du français pour des étudiants coréens.

L’Enseignement de la compréhension orale : objectifs, supports et démarches

«L’Enseignement de la compréhension orale : objectifs, supports et démarches », Jean-Michel Ducrot  (Lycée Saint-Joseph, Istanbul)

Pour lire cet article, suivez ce lien.

Perception du français prononcé par des étudiants coréens

« Perception du français prononcé par des étudiants coréens », 김 현주 (Kim Hyeon-Zoo), Université Dankook 단국 대학교

Cet article, disponible ici, apporte quelques suggestions pour la correction phonétique des Coréens qui apprennent le français.

Ranaclès

Ranaclès (RAssemblement NAtional des Centres de Langues de l’Enseignement Supérieur) a mis en ligne les présentations PowerPoint ainsi que les communications des conférenciers qui se sont retrouvés à Nancy du 25 au 27 novembre 2010 lors du XVIIIe congrès Ranaclès qui avait pour thème « Pratiques d’accompagnement(s) des apprenants en présentiel et à distance ». Certaines présentations portent plus particulièrement sur le FLE (celles de Sophie Bailly – Nancy Ismail, de Younès Daife et de Nathalie Van der Sanden).  Vous pouvez les télécharger ici.

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