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DISCOURS 8

La Revue de linguistique, psycholinguistique et informatique Discours vient de sortir son 8e numéro disponible gratuitement en ligne ici. Il a pour thème les approches fonctionnelles de la structuration des textes.

Ce numéro spécial, dirigé par Laure Sarda, Shirley Carter-Thomas & Benjamin Fagard, offre une sélection d’articles présentés lors de la conférence LPTS qui s’est tenue à Paris en septembre 2009.

En voici le sommaire :

  • Graham Ranger Surely not! Between certainty and disbelief
  • Paul Isambert What’s on the left?
  • Evelyne Oppermann-Marsaux Les emplois du marqueur discursif « di va » en ancien français
  • Constanze Armbrecht Les structures argumentatives de la locution adverbiale polyvalente jusqu’à un certain point
  • Christiane Marque-Pucheu Contribution des trois emplois de à la fin à la structuration du discours : le temporel, l’aspectuel, le « reformulatif »
  • Tuija Virtanen Discourse-level structuring of information in narrative: Signalling structural, interactional and cognitive shifts
  • Aurélie Welcomme Marqueurs cadratifs temporels et argumentatifs dans les récits d’apprenants néerlandophones de français L2

Vous trouverez ici les conditions de soumission à cette revue.

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ASPECTS LINGUISTIQUES DU TEXTE POÉTIQUE

ASPECTS LINGUISTIQUES DU TEXTE POÉTIQUE

Textes réunis par David BANKS

Paris, L’Harmattan, juillet 2011, 308 pages – 29,50 euros – ISBN 9782296550889

La poésie constitue un genre noble. Il semble alors approprié de démontrer comment une approche linguistique peut contribuer à notre compréhension et appréciation du genre poétique. Les contributions présentes dans ce livre en illustrent la variété en nous donnant une vaste panoplie du champ étudié. S’adressant à tous ceux qui sont intéressés par la poésie, ce livre donne de nouveaux éclaircissements sur le genre poétique.

Il s’agit des actes des 8èmes journées de l’ERLA des 16-17 novembre 2007.

Jacques COULARDEAU en fait la critique suivante sur son blog  http://www.myspace.com/DrJacquesCOULARDEAU/blog/543778759

« Baudelaire, Rimbaud et Verlaine » insiste, statistiques à l’appui, sur le fait que la poésie augmente le poids du nominal et de l’adjectival au détriment du verbal, surtout conjugué et donc non adjectivisé. Cela correspond à la suprématie du spatial sur le temporel dans la poésie. Le langage poétique est alors la sortie du temps en une osmose avec le cosmos spatial en une sorte d’éternité a-temporelle. La poésie est probablement le langage le plus ancien, le plus religieux car il vise à saisir l’espace qui nous environne avant même que le temps ne soit codifié. Le temps d’ailleurs dans la langue est toujours exprimé par des éléments spatiaux métaphoriquement étendu au concept de temps, une invention purement humaine. Le cosmos ne connaît que la durée.

« Les processus définitoires dans le texte poétique : Le Parti pris des choses  de Francis Ponge ; approche linguistique et formelle » est la preuve de l’étude précédente. Ne sont considérés que les choses et objets, pur espace par définition et les actions qui les relient sont toutes saisies sous des formes nominales dont dé-temporalisées (expulsion, aspiration, oppression). Où est le temps de Ponge, s’il en a un ?

« Le slam, poésie contemporaine à l’école et au collège » vous laissera sur votre faim. D’emblée page 77 l’auteure pose la double nature du slam : un art à encourager, et une action socio-politique à surveiller. Mais l’auteure ne considère que le premier ce qui lui fait définir la poésie du slam page 91 comme étant « un travail sur le texte, la rime, les sonorités, les mots, la découverte des règles [de] grammaire poétique du slam qui décloisonne l’écrit et l’oral ». Le sens, les références sémantiques, et donc les sujets, les traitements lexicaux provocateurs sont évacués. Sexion d’Assuat n’existe plus. On fait du slam aseptisé. Dommage. Mais l’école ne mérite pas mieux, même si les élèves méritent cent fois mieux.

« Les effets redondants des combinaisons lexicales et phoniques dans la chanson du tango » ne considère que les enfilades réitérées de mots et de clichés dans les paroles des tangos. Il serait bon d’analyser ces clichés dont beaucoup sont au moins machistes, ce qui n’empêche pas le tango d’être un succès de danse universel. Il est vrai que réitérer en lunfardo les pires inepties sexistes a peu de sens pour les millions de gens qui ne comprennent pas le lunfardo. Et c’est tant mieux.

« Appalachian and African Lyrical Traditions as Measures of Sociolinguistic Gradation and Linguistic Change » défend une approche plutôt inspirée de Labov et montre comment après la deuxième guerre mondiale un processus de normalisation de l’anglais aux USA a effacé des différences dialectales importantes. Cependant elles survivent dans des pratiques poétiques populaires (ballades ou chants afro-américains par exemple). Voir une survivance de formes anglaises anciennes (16ème-17ème siècles) marquées géographiquement est une approche réductrice. Il eût été plus intéressant de montrer les croisements de traditions dans le passé. Mais il n’en reste pas moins que les formes dialectales, et en premier lieu le Black American English survivent lourdement dans la langue de tous les jours de communautés représentant 15 à 20% de la population, voire par la musique et le tout nouveau discours SMS un public encore plus grand, peut-être majoritaire. Ce qu’il appelle « the personal dative » eût du être analysé. Je suis né et ai grandi dans une communauté de langue notoirement française (bien qu’occitane) où on emploie couramment des structures du genre : « Il me te la le lui va donner, sa gifle, à la Thérèse ». Le pronom « le » n’a aucun référent. Ces structures agglutinantes décomposées relèvent d’un fonctionnement mental très profond et donc inaliénable, même par l’école laïque.

« Les adjectifs dans ‘Ode on a Grecian Urn’ de John Keats » est fondée sur une réification de la notion nominale pure, une quasi déification de celle-ci, ce qui est surprenant du fait de la référence à Culioli qui sait que l’unité de base du langage est la lexis (Lecteur-Lire-Livre) qui comprend deux éléments nominaux autour d’un élément verbal central. Intéressant cependant de voir Culioli être cité.

« Le texte poétique pour révéler le texte en prose : Kipling, l’altérité et la fonction médiatrice des poèmes » me semble oublier que tout discours, poétique, littéraire ou non, est le fruit d’un auteur dans son contexte qui s’adresse à un public, quel qu’il soit, dans son contexte propre. Il n’y a pas d’énoncé dans action d’énoncer et donc d’énonciateur. Le récit que l’auteur construit reflète son objet visé et son être conscient ou inconscient et en même temps vise à produire un effet sur l’autre, quel qu’il soit. On ne peut pas nier cela sinon en se taisant.

« Comprendre l’incompréhensible » semble poser que l’incompréhensible poétique devient compréhensible par une paraphrase. Mais c’est là le paradoxe de la poésie. Elle n’est ni dite ni écrite, en un mot composée, pour alimenter les gloses savantes des érudits, mais pour construire dans son public des émotions souvent inexprimables autrement. C’est pour cela qu’elle s’associe souvent (et originellement toujours) à la musique.

« Solipsisme et Intersubjectivité dans Stealing de Carol Ann Duffy » semble oublier qu’un individu contient au moins quatre êtres différents selon Lacan, quatre dimensions irréductibles à sa personnalité. Et quand ce « je » s’adresse à un autre « je » nous sommes alors confrontés à des jeux complexes en seize possibilités. Incommunicabilité dit l’auteur. C’est le moins qu’on puisse dire. Il ajoute alors deux attitudes devant cela : le refus de cette incommunicabilité absurde, et la résignation car il n’y a rien d’autre à faire que de continuer à communiquer de façon incommunicable. Dites ce que vous avez à dire. Il en restera toujours quelque chose.  J’ai beaucoup aimé la différence entre métaphore in praesentia et métaphore in absentia, page 263 et suivantes.

L’article « La dimension poétique du discours religieux » est entièrement contenu dans sa phrase finale : « La poésie n’est donc pas un plus du discours religieux, mais est en osmose génétiquement originelle avec le discours religieux. » Cette phrase se fonde sur un long voyage des origines indo-européennes du « héros – tue – dragon » à la Bible, un peu Aristote et beaucoup la musique sacrée médiévale et baroque dans les langues originelles.

Du réel à l’irréel

APPEL À COMMUNICATIONS

26e colloque international du CerLiCO (Cercle Linguistique du Centre et de l’Ouest)

Université de Bordeaux 

vendredi 1er – samedi 2 juin 2012 

DU RÉEL À L’IRRÉEL – 1 

Diversité des langues et représentations métalinguistiques

La Grammaire française de J.Martin et J.Lecomte (1962) définit l’indicatif comme « le mode de la réalité » (p.246). Cette définition sert en fait de base à une échelle de réalité que l’on retrouve dans la plupart des grammaires traditionnelles, qui distinguent habituellement potentiel, éventuel, « irréel du présent », irréel du passé. C’est la pertinence et les limites de ces degrés que le colloque de Bordeaux se propose de revisiter en faisant appel aux recherches les plus récentes de la linguistique.

Sans que nos propositions soient exclusives, voici un éventail des thèmes et des questions qui pourraient être explorés dans le cadre de ce colloque :

1) l’histoire et l’analyse critique des concepts descriptifs, de la terminologie et des élaborations métalinguistiques qui jalonnent l’évolution des représentations de la référence au réel et à ses variantes depuis l’antiquité, dans la tradition occidentale, mais aussi dans d’autres traditions.
2) le modèle de représentation du réel illustré dans les grammaires du français semble fondé sur la grammaire des langues classiques (grec et latin), où l’échelle de réalité est présentée comme un ensemble grammaticalisé: qu’en est-il des autres langues ? Des approches typologiques ou contrastives seront les bienvenues.

3) parmi les phénomènes à interroger, on peut en particulier citer : les temps et les modes verbaux, les adverbes, les systèmes hypothétiques, les procédés syntaxiques (subordination, corrélation, coordination, parataxe), les introducteurs de cadres dans le discours (par ex. mettons, soit, et si ?…), les particules ou les connecteurs (en fait, mais en réalité etc.), la notion de prise en charge énonciative, les notions de réalité, d’éventualité et de possibilité telles qu’elles sont mises en œuvre dans les langues naturelles (aspects sémantiques, pragmatiques, interlocutifs), la construction de l’imaginaire, des mondes possibles et des espaces mentaux dans le discours.

Aucun cadre théorique n’est exclu mais le cas échéant il devra être explicité.

Les communicants disposeront de 25 minutes pour leur exposé, qui sera suivi d’une discussion de 15 minutes. Les communications affichées (posters) bénéficieront d’une séance de présentation. Il est prévu 15 communications environ. Les langues acceptées seront le français et l’anglais. Les actes du colloque seront publiés en 2013 dans les Travaux Linguistiques du CerLiCO n° 26 aux Presses Universitaires de Rennes.

Les propositions, anonymes, sont à envoyer sous forme électronique, accompagnées des noms, coordonnées universitaires et électroniques de l’auteur(e) / des auteur(e)s ; elles comporteront une présentation de la problématique et des données (environ 500 mots / 3000 signes) ainsi qu’une brève bibliographie. L’auteur(e) devra préciser si elle/il souhaite présenter son travail sous forme de communication ou de poster. Ces résumés seront diffusés lors de l’inscription au colloque et accessibles sur le site web du CerLiCO.

Les soumissions sont à adresser dès maintenant, et impérativement avant le 30 septembre 2011 à : 
Catherine Moreau, Jean Albrespit et Frédéric Lambert : cerlico.bx@u-bordeaux3.fr

Les informations concernant le colloque seront disponibles sur le site du CerLiCO http://www.mshs.univ-poitiers.fr/cerlico/cerlico.htm

Variation(s), plasticité, interprétation(s)

Appel à communications

Variation(s), plasticité, interprétation(s)

Réseau des linguistes du Grand-Est, Besançon  vendredi 16 et samedi 17 mars 2012

Organisation : LASELDI (Laboratoire de Sémio-Linguistique, Didactique, Informatique, EA 02281) Organisateurs (Université de Franche-Comté) : Mohamed Embarki, Daniel Lebaud, Mongi Madini, Catherine Paulin

Comité scientifique : Catherine Chauvin, Laurent Gautier, Albert Hamm, Olga Inkova, Daniel Lebaud, Catherine Paulin

Date limite d’envoi des propositions :

Les propositions de communication entre 200 et 300 mots, accompagnées d¹une courte biographie, devront parvenir avant le 1er septembre 2011.

Prolongation jusqu’au 18 septembre 2011

Les propositions de communication seront accompagnées d’une bibliographie sélective, entre cinq et dix références.

Ces propositions sont à adresser à : Catherine Paulin et à Daniel Lebaud

catherinepaulin@wanadoo.fr

daniel.lebaud@wanadoo.fr

Avis d’acceptation / de refus : 15 novembre 2011

Présentation

 » Cette variation inhérente, hétérogène qui persiste quand on a cherché à tout expliquer, dit sur la société et sur l’interaction entre les locuteurs les contradictions qui les traversent, mais elle dit aussi beaucoup sur la langue, en y exhibant une dimension irréductible d’instabilité. La place à lui attribuer peut constituer un enjeu : elle concerne certes la communauté, mais elle concerne aussi, à travers le groupe, l’individu (l’effet chez l’individu de la variation dans la communauté et dans le groupe). Elle débouche alors sur l’idée d’hétérogénéité intrinsèque de la langue, qui va vers des questions d’effet sur la grammaire individuelle de ce qui se lit dans la communauté. »

F. Gadet, « Variation et hétérogénéité », In Langages 26e année, n°108, p.11.

Dans le sillon des théories de l¹énonciation (Benveniste, Culioli) et de la sociolinguistique (Gumperz, Labov, Milroy & Milroy, S. Romaine), les notions de variation, ajustement, co-construction de sens sont appréhendées dans une linguistique entre langue et discours, entre le stable et le déformable.

On s¹attend à ce que les dimensions intersubjectives, sociales et communicationnelles inhérentes aux problématiques liées à la variation soient prises en considération : les notions de régulation, de variation et d¹ajustement permettent des approches plurielles, tant endolingues qu’exolingues, en ce qu¹elles mettent en scène un « entre-deux », une zone d’instabilité qui soutient les processus interprétatifs.

La variation, liée à une recherche identitaire qui se démarquerait d’une forme d¹altérité standardisée, permettra d’explorer la notion de « normes diversifiées » et le fait que les systèmes linguistiques s’enrichissent au contact des marges. La notion de variation en contrepoint de celle de norme est basée sur des critères subjectifs, esthétiques et sociaux. Plutôt que de s’intéresser à la norme, l’objectif de ce colloque vise la langue vivante, l’usage et les usagers.

Le colloque vise à permettre le croisement des regards sur l’explicitation et la théorisation de ce qu’on entend par variation dans des domaines distincts mais connexes selon que l’on prend le point de vue de la phonologie, la sémantique, la syntaxe, la sémiostylistique, la sociolinguistique, la traductologie. Y-a-t-il rupture ou continuité dans ce que nous comprenons par variation dans ces différents champs ? Cette notion peut-elle faire l’objet d’un consensus conceptuel tout en conservant un caractère opératoire pour chacun des observatoires envisagés ?

Les communications qui sont attendues peuvent explorer diverses pistes :

–      Variation(s) selon la diversité des situations : instabilité des

productions d¹un locuteur en fonction de paramètres pragmatiques, interactionnels et situationnels

–      Variation sociale : appartenance socio-culturelle, âge, aire

géographiques Quelle signifiance sociale pour les « variantes »,

–      Variation en situation de contact de langues

–      Variation sémiostylistique : quel mode d¹inscription des discours,

notamment mais non exclusivement littéraires, en tant que variations du système linguistique ?

–      Variations intra-discursives / variations extra-discursives

–      Variation sémantique : polysémie, métasémie, hétérogénéité du sens

–      Variation(s) des valeurs d’un terme selon les emplois et invariance

fonctionnelle

–      Variation(s) et invariance lors du passage d’une langue à une autre

–      Variation et plan symbolique : quel rapport entre l’approche

linguistique de la variation et sa portée symbolique ?

On pourra envisager d’autres questionnements, en particulier une approche diachronique de la variation : création/néologie, conventionnalisation/standardisation.

L’analyse pourra prendre en compte un grand nombre de données, cependant les micro-analyses qualitatives seront les bienvenues.

Représentation de l’espace en coréen et en français

Le numéro 24 de SCOLIA, publié en juin 2010, porte sur la représentation de l’espace en coréen et en français. Il est coordonné par Soo-Mi LEE et Michèle Biermann Fischer. Université de Strasbourg, 174 pages, ISBN : 978-2-35410-027-8, 10 euros.

Sommaire de cet ouvrage

Décliné sous son aspect sémantique, morpho-syntaxique, pragmatique, mais aussi étudié dans une approche didactique ou revisité dans l’optique de la traduction, l’espace est ici abordé sous des angles nouveaux par la mise en relief de particularités fonctionnelles dans l’une ou l’autre langue ou par la comparaison des approches cognitives du thème dans les deux langues. Les analyses font apparaître l’importance de la conceptualisation non seulement des aires et de leurs contenants, mais également de la position, de la distance, de la verticalité ou encore du repère.

La complexité de la thématique traitée, l’originalité des pistes explorées et les résultats obtenus font de ce numéro une contribution précieuse pour l’étude de l’espace.

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