Archives Mensuelles: août 2011

Le français : langue d’adoption

LE FRANÇAIS : LANGUE D’ADOPTION ET D’ACCUEIL POUR L’ECRITURE LITTERAIRE

Les écrivains étrangers de langue française : approche esthétique et critique

INTERCÂMBIO Revue électronique d’Etudes Françaises de l’Université de Porto (2ème série – nº 4)

[Ana Paula Coutinho & José Domingues de Almeida (Orgs.)]

La problématique autour de l’émergence et reconnaissance d’une « littérature-monde » en français, le débat essayistique centré sur le prétendu déclin de la culture française, les déplacements physiques et culturels croissants dans le monde contemporain, ainsi que le renouvellement théorique et critique des Etudes Francophones ont fini par mettre en lumière une tradition, mais aussi le dégagement d’une tendance actuelle chez certains auteurs non-français et non-francophones de naissance, à s’exprimer littérairement en langue française.

Ce fait incontestable pose un certain nombre de questions, aussi bien d’ordre esthétique que socioculturel, qu’il y a tout lieu de creuser et d’interroger : le fait d’écrire en français cautionne un attachement identitaire et affectif à / par la langue française et confirme ou consolide le penchant spécifique du français dans la médiation culturelle en contexte mondialisé, voire assigne à ces écrivains un rôle majeur dans le renouveau littéraire en langue française (Cf.Brincourt, 1997), même si cet apport peut tout aussi bien être « récupéré » par une certainedoxa hexagonale en mal d’exotisme ou de sauvegarde esthétique et culturelle contre la menace anglo-saxonne (Cf. Porra, 2008), ou être l’objet de stratégies complexes ou inavouées, aux limites de l’aliénation (Cf. Porra, 2011).

Rappelons que cette mouvance, – qui se voit à maintes reprises décerner des prix littéraires non-négligeables (Jonathan Littell et Atiq Rahimi n’ont-ils pas vu leur roman respectif couronné par le Prix Goncourt ? Amin Maalouf ne vient-il pas d’être élu à l’Académie Française au premier tour ?) -, obtient bien régulièrement l’adhésion et les faveurs des instances de légitimation littéraire et en vient même à susciter plusieurs phénomènes littéraires ou coups médiatiques dont la scène parisienne se montre si friande ; un fait qui mérite d’être creusé dans toute sa complexité.

Aussi, l’approche de cet aspect allophone de l’écriture en français ne manque-t-elle pas de soulever des questions de taxinomies critiques, voire géographiques ailleurs dans le panorama littéraire de langue française, surtout en ce qui touche aux frontières assez poreuses ou complexes entre le champ français et les écritures classées et placées sur le rayon francophone du domaine littéraire en langue française, notamment issues de pays dont la langue officielle n’est pas le français, mais qui connurent la colonisation ou l’emprise françaises (Maghreb, Liban ou Maurice).

Elle engage aussi une conscience aiguë et attentive des conditions et stratégies d’écriture en jeu dans les rapports de force entre ces auteurs et le centre, mais aussi vice versa, à savoir les atouts que ce centre étale en vue d’inviter ou de capter ces écritures allophones.

Nous proposons, dès lors, aux chercheurs que cette thématique intéressera, de se pencher sur les aspects critiques, esthétiques, identitaires, polémiques, interculturels et linguistiques concernant des écrivains ayant adopté, ou ayant été accueillis / invités par la langue française pour l’écriture alors que rien, au départ, ne les y prédestinait : Milan Kundera, Anna Moï, Andreï Makine, Jonathan Littell, Atiq Rahimi, Nancy Huston, Eduardo Manet, Gherasim Luca, Pia Petersen, Aki Shimazaki, Brina Svit, Jorge Semprun, Hector Bianciotti, Amin Maalouf, entre autres.

 

Présentation des articles

Le texte sera original, inédit et rédigé en français ou en portugais. Il ne pourra pas être publié ailleurs sans l’accord de l’éditeur.

Le tapuscrit respectera le guide de style (voir document ci-dessous). Il ne dépassera pas une longueur de 20 pages, bibliographie comprise.

Les auteurs sont priés d’adresser leur proposition d’article à Ana Paula Coutinho amendes@letras.up.pt et à José Domingues de Almeida jalmeida@letras.up.pt en précisant en objet « Intercâmbio nº 4 », le 31 décembre 2011 au plus tard.

http://www.apef.org.pt

FEUILLE DE STYLE EN VUE DE LA PRÉSENTATION D’ARTICLES

1. Réception des articles :

Pour la publication des articles (nº4) dans la revue Intercâmbio, prière de nous faire parvenir un exemplaire en format électronique (Word, aux deux courriels suivants : amendes@letras.up.pt et jalmeida@letras.up.pt jusqu’au 31 décembre 2011.

2. Nombre maximum de pages : 20 A4 (y compris références bibliographiques) ; corps du texte : 1,5 espacement et taille 12 Times New Roman.

3. Titre / sous-titre de l’article :

– Le titre est centré, en capitales, gras, taille 12, interligne 1,5.

– Le sous-titre en lettres majuscules et minuscules, gras, taille 12, interligne 1,5, centré immédiatement sous le titre, suivi de deux lignes.

4. Auteur (s) :

– Le nom de(s) l’auteur(s) sera(ont) aligné(s) à droite après le titre.

– L’institution et/ou Centre de Recherche auxquels appartient(nent) l'(les) auteur(s) figurera en dessous du nom, suivi du courriel ; le tout en taille 11.

5. Résumé et mots-clés :

Dix lignes maximum, interlignes 1 espace, suivies de « mots-clés » (3 à 5 mots dans la même langue du résumé, et en anglais : abstract + keywords) ; le tout en taille 11.

Le texte de l’article commence à la deuxième page.

6. Citations :

– Les citations jusqu’à 3 lignes doivent intégrer le corps du texte, clairement signalées par l’utilisation des guillemets doubles « espacement ». Pour les citations comprises dans une autre citation utiliser les guillemets simples. Indiquez la source immédiatement après.

– Les citations dépassant les 3 lignes seront détachées du corps du texte, avec une ligne en blanc avant et après, sans utiliser de guillemets, avec deux utilisations de la touche tab(ulation), en taille 10, en indiquant la source immédiatement après en taille 12.

– Les suppressions dans la citation doivent être signalées avec des points de suspension entre parenthèses: (…) et les interpolations entre crochets droits […].

– Les notes en bas de page seront en taille 10.

7. Références bibliographiques :

– Les références bibliographiques doivent venir dans le corps du texte, entre parenthèses, avec le nom de l’auteur, la date de publication et la page. Sont d’usage aussi pour le même auteur, même ouvrage, autre page : (idem: 67) ; même auteur, même ouvrage et même page : (ibidem) ; cité par une autre source : (apud Martin, 1985: 34) ; plusieurs pages : (Martin, 2008: 45-67) ; une page et la suivante : (Martin, 2007: 23s.). Si la citation n’est pas littérale : (cf. Martin, 1989: 34)

– Les références bibliographiques complètes doivent paraître en fin d’article, en taille 11, en liste précédée du titre Bibliographie :

Exemples à suivre :

DERRIDA, Jacques (2001). L’Université sans condition. Paris: Galilée.

CHARLES, Pol (1999). « Le silence des mots ». In: Le Carnet et les Instants, nº 109, pp. 22-31.

Service des Bibliotheques de l’UQAM (2006). « Infosphère» http://www.bibliotheques.uqam.ca/InfoSphere/> [consulté le 21/IV/2007]

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Didactiques de la lecture

Didactiques de la lecture, de la maternelle à l’université

Sous la direction de Roland Goigoux et Marie-Christine Pollet

Presses universitaires de Namur, coll. « Recherches » n°3, 2011, 266 p.

EAN13 : 9782870377116, 19€

Au-delà de la spécificité des objets et des enjeux propres aux différents degrés scolaires et universitaires, la lecture fait l’objet d’un enseignement continu : les savoirs et savoir-faire qui fondent la compréhension de textes apparentés à des genres dont l’éventail ne cesse de s’élargir tout au long de la scolarité concourent à l’appropriation d’une culture scolaire, disciplinaire, littéraire ou patrimoniale jamais achevée.

Le présent ouvrage se structure au fil de cette continuité. Les premiers apprentissages, tout d’abord, à l’école maternelle et à l’école primaire. Ensuite, on constate la diversité des supports et des pratiques d’enseignement, portant à la fois sur des objets relevant de la littérature ou la culture patrimoniale et sur des objets considérés comme plus pragmatiques. Enfin, la troisième partie traite de la lecture dans l’enseignement supérieur et plus particulièrement – grâce au concept de « littéracie universitaire» – de la question des genres de la discursivité académique, mettant ainsi l’accent sur la nécessaire contextualisation des approches.

« Recherches en didactique du français » est une collection de l’Association internationale pour la Recherche en Didactique du Français (AIRDF).

Auteurs :
Roland Goigoux, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, IUFM d’Auvergne ; Marie-Christine Pollet, Université libre de Bruxelles ; ROLAND GOIGOUX – Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, IUFM d’Auvergne ; MARIE-CHRISTINE POLLET – Université libre de Bruxelles ; VÉRONIQUE BOIRON – Universités de Bordeaux, IUFM d’Aquitaine, LACES – DAESL, Bordeaux IV et Bordeaux II ; MARTINE JAUBERT – Universités de Bordeaux, IUFM d’Aquitaine, LaCES – DAESL, Bordeaux II et Bordeaux IV ; MARYSE REBIÈRE – Universités de Bordeaux, IUFM d’Aquitaine, LaCES – DAESL, Bordeaux II et Bordeaux IV ; PIERRE SÈVE – Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, IUFM d’Auvergne ; MICHELINE DISPY – École supérieure de Pédagogie de Liège, Université de Liège ; CAROL BATTISTINI – CREFI-T, Université de Toulouse 2 Le Mirail ; JUDITH ÉMERY-BRUNEAU – Département des sciences de l’éducation, Université du Québec en Outaouais ; JACQUES CRINON – Équipe CIRCEFT-ESCOL, Universités de Paris-Est Créteil et de Paris 8 ; BRIGITTE MARIN – Équipe CIRCEFT-ESCOL, Universités de Paris-Est Créteil et de Paris 8 ; MONIQUE LEBRUN – Université du Québec à Montréal ; NATHALIE LACELLE – Université du Québec à Trois-Rivières ; MARIELLE CRAHAY CRIPEDIS – Université catholique de Louvain ; SÍLVIA MELO-PFEIFER – Universidade de Aveiro, Portugal

Distribution tous pays : Presses Universitaires de Namur, Rempart de la Vierge 13, B-5000 Namur – Belgique – commande@pun.be – tel. 081/72 48 84 – fax. 081/72 49 12 – www.pun.be 

La fabrique du signe

La fabrique du signe :  Linguistique de l’émergence entre micro- et macro-structures

Michel Banniard & Dennis Philps (dir.)

Toulouse : Presses Universitaires du Mirail, coll. Interlangues, 2010, 330 pages. ISBN 978-2-8107-0121-6, 18 €

Résumé : Les recherches sur le concept d’émergence avancent à grands pas dans divers domaines scientifiques : biologie, cognition, genèse du langage, élaboration des langues littéraires, etc. Quelle qu’en soit la définition, ce concept a été construit à partir d’une observation intuitive : un ensemble est parfois plus simple que la juxtaposition de ses parties. Cela équivaut à dire que peut apparaître, au niveau du collectif, une structure qui ne se laissait pas prévoir à l’examen de ses composantes de départ. C’est à l’émergence appliquée au champ de la linguistique qu’est consacré le présent ouvrage. Michel Banniard et Dennis Philps y ont rassemblé les fruits d’une réflexion collective de plusieurs années et dressent le bilan stimulant des pistes nouvelles ainsi offertes aux chercheurs et aux étudiants en linguistique.

Pour ceux qui souhaitent en savoir davantage sur cet ouvrage, nous conseillons la recension de Bénédicte Guillaume en collaboration avec Pedro Duarte que l’on peut trouver ici.

 

DISCOURS 8

La Revue de linguistique, psycholinguistique et informatique Discours vient de sortir son 8e numéro disponible gratuitement en ligne ici. Il a pour thème les approches fonctionnelles de la structuration des textes.

Ce numéro spécial, dirigé par Laure Sarda, Shirley Carter-Thomas & Benjamin Fagard, offre une sélection d’articles présentés lors de la conférence LPTS qui s’est tenue à Paris en septembre 2009.

En voici le sommaire :

  • Graham Ranger Surely not! Between certainty and disbelief
  • Paul Isambert What’s on the left?
  • Evelyne Oppermann-Marsaux Les emplois du marqueur discursif « di va » en ancien français
  • Constanze Armbrecht Les structures argumentatives de la locution adverbiale polyvalente jusqu’à un certain point
  • Christiane Marque-Pucheu Contribution des trois emplois de à la fin à la structuration du discours : le temporel, l’aspectuel, le « reformulatif »
  • Tuija Virtanen Discourse-level structuring of information in narrative: Signalling structural, interactional and cognitive shifts
  • Aurélie Welcomme Marqueurs cadratifs temporels et argumentatifs dans les récits d’apprenants néerlandophones de français L2

Vous trouverez ici les conditions de soumission à cette revue.

ASPECTS LINGUISTIQUES DU TEXTE POÉTIQUE

ASPECTS LINGUISTIQUES DU TEXTE POÉTIQUE

Textes réunis par David BANKS

Paris, L’Harmattan, juillet 2011, 308 pages – 29,50 euros – ISBN 9782296550889

La poésie constitue un genre noble. Il semble alors approprié de démontrer comment une approche linguistique peut contribuer à notre compréhension et appréciation du genre poétique. Les contributions présentes dans ce livre en illustrent la variété en nous donnant une vaste panoplie du champ étudié. S’adressant à tous ceux qui sont intéressés par la poésie, ce livre donne de nouveaux éclaircissements sur le genre poétique.

Il s’agit des actes des 8èmes journées de l’ERLA des 16-17 novembre 2007.

Jacques COULARDEAU en fait la critique suivante sur son blog  http://www.myspace.com/DrJacquesCOULARDEAU/blog/543778759

« Baudelaire, Rimbaud et Verlaine » insiste, statistiques à l’appui, sur le fait que la poésie augmente le poids du nominal et de l’adjectival au détriment du verbal, surtout conjugué et donc non adjectivisé. Cela correspond à la suprématie du spatial sur le temporel dans la poésie. Le langage poétique est alors la sortie du temps en une osmose avec le cosmos spatial en une sorte d’éternité a-temporelle. La poésie est probablement le langage le plus ancien, le plus religieux car il vise à saisir l’espace qui nous environne avant même que le temps ne soit codifié. Le temps d’ailleurs dans la langue est toujours exprimé par des éléments spatiaux métaphoriquement étendu au concept de temps, une invention purement humaine. Le cosmos ne connaît que la durée.

« Les processus définitoires dans le texte poétique : Le Parti pris des choses  de Francis Ponge ; approche linguistique et formelle » est la preuve de l’étude précédente. Ne sont considérés que les choses et objets, pur espace par définition et les actions qui les relient sont toutes saisies sous des formes nominales dont dé-temporalisées (expulsion, aspiration, oppression). Où est le temps de Ponge, s’il en a un ?

« Le slam, poésie contemporaine à l’école et au collège » vous laissera sur votre faim. D’emblée page 77 l’auteure pose la double nature du slam : un art à encourager, et une action socio-politique à surveiller. Mais l’auteure ne considère que le premier ce qui lui fait définir la poésie du slam page 91 comme étant « un travail sur le texte, la rime, les sonorités, les mots, la découverte des règles [de] grammaire poétique du slam qui décloisonne l’écrit et l’oral ». Le sens, les références sémantiques, et donc les sujets, les traitements lexicaux provocateurs sont évacués. Sexion d’Assuat n’existe plus. On fait du slam aseptisé. Dommage. Mais l’école ne mérite pas mieux, même si les élèves méritent cent fois mieux.

« Les effets redondants des combinaisons lexicales et phoniques dans la chanson du tango » ne considère que les enfilades réitérées de mots et de clichés dans les paroles des tangos. Il serait bon d’analyser ces clichés dont beaucoup sont au moins machistes, ce qui n’empêche pas le tango d’être un succès de danse universel. Il est vrai que réitérer en lunfardo les pires inepties sexistes a peu de sens pour les millions de gens qui ne comprennent pas le lunfardo. Et c’est tant mieux.

« Appalachian and African Lyrical Traditions as Measures of Sociolinguistic Gradation and Linguistic Change » défend une approche plutôt inspirée de Labov et montre comment après la deuxième guerre mondiale un processus de normalisation de l’anglais aux USA a effacé des différences dialectales importantes. Cependant elles survivent dans des pratiques poétiques populaires (ballades ou chants afro-américains par exemple). Voir une survivance de formes anglaises anciennes (16ème-17ème siècles) marquées géographiquement est une approche réductrice. Il eût été plus intéressant de montrer les croisements de traditions dans le passé. Mais il n’en reste pas moins que les formes dialectales, et en premier lieu le Black American English survivent lourdement dans la langue de tous les jours de communautés représentant 15 à 20% de la population, voire par la musique et le tout nouveau discours SMS un public encore plus grand, peut-être majoritaire. Ce qu’il appelle « the personal dative » eût du être analysé. Je suis né et ai grandi dans une communauté de langue notoirement française (bien qu’occitane) où on emploie couramment des structures du genre : « Il me te la le lui va donner, sa gifle, à la Thérèse ». Le pronom « le » n’a aucun référent. Ces structures agglutinantes décomposées relèvent d’un fonctionnement mental très profond et donc inaliénable, même par l’école laïque.

« Les adjectifs dans ‘Ode on a Grecian Urn’ de John Keats » est fondée sur une réification de la notion nominale pure, une quasi déification de celle-ci, ce qui est surprenant du fait de la référence à Culioli qui sait que l’unité de base du langage est la lexis (Lecteur-Lire-Livre) qui comprend deux éléments nominaux autour d’un élément verbal central. Intéressant cependant de voir Culioli être cité.

« Le texte poétique pour révéler le texte en prose : Kipling, l’altérité et la fonction médiatrice des poèmes » me semble oublier que tout discours, poétique, littéraire ou non, est le fruit d’un auteur dans son contexte qui s’adresse à un public, quel qu’il soit, dans son contexte propre. Il n’y a pas d’énoncé dans action d’énoncer et donc d’énonciateur. Le récit que l’auteur construit reflète son objet visé et son être conscient ou inconscient et en même temps vise à produire un effet sur l’autre, quel qu’il soit. On ne peut pas nier cela sinon en se taisant.

« Comprendre l’incompréhensible » semble poser que l’incompréhensible poétique devient compréhensible par une paraphrase. Mais c’est là le paradoxe de la poésie. Elle n’est ni dite ni écrite, en un mot composée, pour alimenter les gloses savantes des érudits, mais pour construire dans son public des émotions souvent inexprimables autrement. C’est pour cela qu’elle s’associe souvent (et originellement toujours) à la musique.

« Solipsisme et Intersubjectivité dans Stealing de Carol Ann Duffy » semble oublier qu’un individu contient au moins quatre êtres différents selon Lacan, quatre dimensions irréductibles à sa personnalité. Et quand ce « je » s’adresse à un autre « je » nous sommes alors confrontés à des jeux complexes en seize possibilités. Incommunicabilité dit l’auteur. C’est le moins qu’on puisse dire. Il ajoute alors deux attitudes devant cela : le refus de cette incommunicabilité absurde, et la résignation car il n’y a rien d’autre à faire que de continuer à communiquer de façon incommunicable. Dites ce que vous avez à dire. Il en restera toujours quelque chose.  J’ai beaucoup aimé la différence entre métaphore in praesentia et métaphore in absentia, page 263 et suivantes.

L’article « La dimension poétique du discours religieux » est entièrement contenu dans sa phrase finale : « La poésie n’est donc pas un plus du discours religieux, mais est en osmose génétiquement originelle avec le discours religieux. » Cette phrase se fonde sur un long voyage des origines indo-européennes du « héros – tue – dragon » à la Bible, un peu Aristote et beaucoup la musique sacrée médiévale et baroque dans les langues originelles.

La Guerre froide et le cinéma

La Guerre froide et le Cinéma

Journée d’études, 27 janvier 2012, Université de Paris 8

Une dimension essentielle de la Guerre froide se situait dans le domaine des idées et de la culture. Le cinéma en a été notamment l’un des principaux champs de bataille. Nombreux furent les films hollywoodiens qui présentaient les “idéaux américains”, aussi bien au public des Etats-Unis qu’au reste du monde, tandis que l’Union soviétique se souciait de mettre en valeur les vertus du communisme, plus particulièrement à ses citoyens et aux peuples sous domination russe. Bien que moins étudiés, les cinémas d’autres pays exprimaient également leurs valeurs et leurs positions.

L’important est la manière par laquelle les différents cinémas de la Guerre froide ont reflété les angoisses et les tensions de la période.

Susan Sontag a évoqué “l’imaginaire du désastre” et a commencé à explorer les films américains de science fiction des années cinquante et a montré comment ceux-ci exprimaient les inquiétudes générales sur les armements atomiques. D’autres chercheurs ont poursuivi dans cette voie, tout en élargissant leurs investigations à d’autres genres cinématographiques ou à d’autres périodes. Mais le champ à couvrir reste vaste.

La journée d’études se propose d’examiner la Guerre froide et le cinéma sous différents aspects et dans différents pays ( de l’Ouest et de l’Est). Toutes les propositions sont les bienvenues, qu’elles abordent un sujet théorique (par exemple : les films de fiction sont-ils susceptibles d’éclairer des événements historiques ?) ou bien qu’elles exposent une étude de cas (cinématographie nationale, personnalité, film, genre…).

Le groupe de recherche FRONTS (Frontières et relations internationales des pays anglophones, axe de EA 1569, Transferts critiques et dynamique des savoirs) de l’Université de Paris 8, organise cette journée d’études, le 27 janvier 2012, en collaboration avec la revue CinémAction.

Chaque contribution orale ne doit pas dépasser 20 minutes et la version écrite, en français, doit comporter 20 000 signes (environ 3250 mots), en vue d’une publication ultérieure.

Les propositions (300 à 500 mots) sont à envoyer, d’ici le 19 septembre 2011, à Cyril Buffet (cy.buffet@gmail.com), à Beatrice Heuser (d.b.g.heuser@reading.ac.uk) ou bien à Lori Maguire (lori.maguire@univ-paris8.fr).

colloque d’automne de la CFAF 2011

Le colloque d’automne de la CFAF a pour thème « visage, portrait« . Il se tiendra le 5 novembre 2011 à l’Université féminine Sookmyung (attention au changement de date : il était initialement prévu le 19 novembre).

Nous vous communiquerons prochainement le programme définitif, mais vous pouvez d’ores et déjà noter que 4 interventions auront lieu en français.

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